Tout au long de sa vie, la pédiatre hongroise Emmi Pikler a démontré l’importance de la motricité libre qui inspire aujourd’hui bon nombre de professionnels de la petite enfance. Selon elle, les bébés et les enfants sont capables d’évoluer seuls dans l’environnement qui les entoure sans intervention d’un adulte.

Mais attention la motricité libre ne signifie pas laisser tout faire sans règle. L’enfant a besoin d’un cadre et des règles afin de se construire et grandir en toute sécurité. Alors qu’est-ce que la motricité libre ?

La motricité libre consiste à laisser l’enfant explorer le monde par lui-même dans un cadre sécurisé. L’adulte est garant de la sécurité de l’enfant. Mais il doit avant tout faire confiance à l’enfant et respecter son rythme afin que l’enfant lui-même prenne confiance en lui. La motricité libre repose sur l’observation et l’accompagnement.

 

Les objectifs des activités motrices

  • Développer la personnalité

Persévérance, courage, affirmation de soi

Adresse, habileté, agilité, équilibre

  • Développer la socialisation

Echanges

Communication, langage

Règles à respecter

  • Développer le schéma corporel

Orientation dans l’espace

Meilleure connaissance du corps

 

Tous les lundi matin une éducatrice de jeunes enfants met en place des parcours de motricité dans la salle du Dojo. Les enfants investissent ces parcours à leurs manières, à leurs rythmes, dans un cadre sécurisé. Plus l’enfant va pouvoir explorer par lui-même, plus il va pouvoir se sentir compétent, développer sa confiance en lui, acquérir une certaine sécurité dans cette liberté qui lui est laissée. Libre de ses mouvements, l’enfant nous prouve qu’il est pleinement compétent et autonome. Cependant l’enfant n’explore jamais le monde seul, le professionnel est présent pour l’accompagner et l’encourager dans ses découvertes, mais il ne fait pas les choses à sa place. Cela peut passer  par le regard, le langage, la présence, le réconfort, le positionnement, …

Pour les bébés, nous les installons sur le dos sur un tapis afin qu’ils puissent découvrir le monde qui les entoure et expérimenter ses sensations. Des jeux avec différentes textures sont posés à côté d’eux pour éveiller leurs sens. Le but est de laisser l’enfant faire ses acquisitions de façon autonome sans avoir besoin de l’intervention de l’adulte, un enfant est capable de franchir seul, à sa manière et à son rythme, toutes les étapes de son développement, de la position sur le dos à la marche assurée selon un ordre génétiquement programmé ; et ce pour son plus grand plaisir.

Il est important de ne pas les contraindre à une position dans laquelle ils ne savent pas se mettre tout seul. Par exemple, ne pas mettre un enfant assis, même avec des coussins pour le caler, avant qu’il ne sache le faire tout seul. Les travaux d’Emmi Pikler démontrent que si on installe l’enfant dans une position sans qu’il ait trouvé lui-même, cela empêche l’enfant de bouger comme il le souhaite et à son rythme. Cela va à l’encontre de son développement psychomoteur.

 « Un enfant n’est jamais mis dans une situation dont il n’a pas encore acquis le contrôle par lui-même », disait Emmi Pikler.

Si l’enfant découvre seul, à son rythme, il intègre bien chaque mouvement, il peut retourner au précédent s’il ne se sent pas en sécurité. Si on observe l’enfant, on voit qu’il emploie des mouvements intermédiaires qu’il invente. Il cherche par lui-même. Il découvre le chemin et se l’approprie. Il est alors maître de ses mouvements et connait le chemin. L’enfant se sent « bien dans sa peau dans la mesure où il connait son corps ». « C’est à travers de nombreuses expériences corporelles que se créent et s’installent des habitudes et des comportements, c’est-à-dire une façon d’« être au monde »… », selon Henri Wallon, psychologue et médecin.

Pour Emmi Pikler ces mouvements sont importants car ils préparent les acquisitions suivantes de l’enfant. En effet, ces étapes sont précieuses pour consolider l’acquisition d’une nouvelle étape motrice et apportent plaisir, aisance corporelle, compétence, connaissance de soi, confiance en soi dans un climat de grande sécurité. C’est dès ces premiers instants que l’enfant prépare son avenir.

Dans son livre « l’éducation psychomotrice », Francine LAUZON, ancienne enseignante au Québec, nous dit que :

« L’intelligence se développe par l’activité sensorielle et motrice de l’enfant, au contact des autres, des objets, de l’espace et de l’univers sonore […] Le développement socio-affectif s’effectue à travers les activités sensorielles et motrices au contact des autres personnes et l’environnement. Le développement de la confiance en soi ou de l’estime de soi et la conquête de l’autonomie, notamment, s’effectuent à travers l’acquisition des habiletés motrices. En devenant de plus en plus conscient de ses capacités, l’enfant acquiert les bases nécessaires à son esprit d’initiative et de créativité. »

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